Plage en grève

Photos réalisées en moyen format argentique sur les plages de lîle d’Oléron en novembre 2012.

Texte par Miss Capuche


J’ai pris des vacances au bord de toi. Un bain de sommeil, une douche de soleil.

J’ai caressé ton corps comme une plage, lisse et monochrome vu de loin. De plus près, j’ai distingué le grain de ta peau, strié par le vent des événements, modelé par les courants de l’eau de vie et les courants de l’air de rien.

Pas à pas, j’ai rejoint tes berges et regardé s’éloigner ta ligne d’eau. J’ai aimé suivre tes sillons sans jamais retenir ton courant car je l’aime sauvage et libre, et que je sais qu’il revient toujours.

Je me suis sentie fière d’appartenir à tes trésors, ceux que tu amasses à chaque retour, ceux à qui un jour de fort coefficient peut-être tu rendras à la liberté.

Quand le soir est arrivé, j’ai fermé les yeux et me suis laissée tomber sur le nuage d’écume que l’océan a déposé sur notre lit, réchauffée par les vagues dorées de tes grains. Fredonne encore, fredonne toujours.

Les éclats des derniers rayons du soleil dans les yeux, j’ai caressé tes ancres comme autant de grains de beauté, léché ton sel sur mes lèvres, respiré le temps qui passe toujours plus délicieusement quand tu es là.

Pendant que tu t’endormais, j’ai mentalement donné vie aux traces à ta surface, celles des amoureux, celles du promeneur solitaire, celle de tes angoisses que j’aimerais savoir apaiser, celles des autres que par pudeur j’évite soigneusement et puis les miennes.

Le vent, mon complice, a soufflé pour me couvrir de morceaux de toi, brillant mélange de gypse, d’olivine et de grès. Je lui ai dit comme j’aime te quitter plage offerte aux éléments pour te retrouver dune protectrice. Je lui ai confié que nous nous aimons passionnément mais libres, moi le fractus, toi la plage, si proches, si loin.

Je jette un dernier coup d’œil vers toi avant de partir sillonner dans un ciel plus loin, je me régale de la chorégraphie des tes joncs danseurs de tango entraînés par la brise marine, je te couvre de mes traînées vaporeuses.

J’aime vivre au bord de toi.

Comments

2 Responses to “Plage en grève”
  1. Fabien Mahaut dit :

    Format, tons, mise en scène/boîte/image NICKEL !
    J’adore l’atmosphère que j’en retire…

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